Parmi les célèbres familles qui se succédèrent au château des Moyeux, il en fût une qui, sans aucun doute, aura marqué l’histoire nationale par son exceptionnelle générosité. Il nous tenait à cœur de partager avec vous l’histoire de cette famille trop méconnue et ainsi de la mettre à la lumière.

Acte I : la famille

hubert-debrousseIl s’agit de la famille Debrousse, dont le rayonnement commence avec François Hubert Debrousse au milieu du XIXe siècle. Grand entrepreneur il multiplie les activités dans les travaux publics, les chemins de fer, les mines de zinc et de plomb, la presse écrite. Il bâtit ainsi la fortune de la famille.

En 1840, il épouse Catherine Dessans, fille d’une famille d’armateur bordelais, bienfaitrice de la commune de la Teste de Buch. Elle meurt l’année suivante en lui donnant une fille : Marie-Catherine Debrousse. En 1843, Hubert Debrousse se marie avec sa belle-sœur qui lui donne un fils : Jean Hubert Debrousse.

Et c’est le 13 juillet 1872 qu’il achète le château des Moyeux, alors vaste propriété de 900 hectares. Hubert est fait chevalier de la légion d’honneur avant de devenir maire de la Chapelle-Rablais en 1876. C’est son fils qui lui succédera après son décès en 1878.

Sa fille, Marie-Catherine Debrousse, ne sera guère épargnée par la vie. Mariée au Baron Charles Arthur Alquier, député et héritier du château de la Flocellière, elle donne naissance en 1863 à une fille. Son enfant ne survivra hélas que 7 ans tandis que son mari décédera un an plus tard.

Seule et héritière de la fortune de son père, elle entreprend d’importants travaux de rénovation du château de la Flocellière. Cette ancienne place forte du XIe siècle transformée en résidence d’agrément au XVIIe siècle avait en effet subi les foudres du général Turreau en 1794. Depuis 1979, ce sont le Vicomte et la Vicomtesse Patrice Vignial qui restaurent ce monument ancien et depuis 1990, vous pouvez dormir au château ou dans l’un des gîtes. www.chateaudelaflocelliere.com/fr/

Marie-Catherine survécut 10 ans à ce double deuil, 10 années de douleurs, c’est plus de temps qu’il n’en faut pour se rendre compte de la vanité de sa fortune, impuissante à lui apporter le bonheur.

N’ayant pas d’héritier, elle avait rédigé son testament devant notaire : « Je demande à être enterrée dans ma chapelle de la Flocellière. Je donne à la commune de La Flocellière la chapelle funéraire, le parc, la tour et le château avec une rente de 6 000 francs (soit une valeur actuelle d’environ 800 000 euros)». Mais ce ne fût pas tout …

« Le reste de ma fortune devra être employé à la construction et à l’établissement d’un Hospice à Paris, laquelle fondation portera le nom d’Hospice Debrousse … »