Parmi les célèbres familles qui se succédèrent au château des Moyeux, il en fût une qui, sans aucun doute, aura marqué l’histoire nationale par son exceptionnelle générosité. Il nous tenait à cœur de partager avec vous l’histoire de cette famille trop méconnue et ainsi de la mettre à la lumière.

Acte II : les enfants bienfaiteurs

C’est par décret du 10 décembre 1885 que l’administration de l’Assistance Publique de Paris est autorisée à accepter le legs. Une commission est nommée pour mener à bien le legs de Marie-Catherine Alquier, née Debrousse.

Et le 8 novembre 1886, la commission conclut ses travaux de recherche :

«  Nous avons visité différentes propriétés et terrains (…). Nous avons arrêté notre choix sur une très belle propriété située rue de Bagnolet, 148 & 150, à côté de l’école Braille. (…) »

hospice-debrousseCette propriété, dotée d’un vaste terrain de plus de 11 000 m² planté pour moitié d’arbres séculaires, est en fait l’ancien château de Bagnolet dont le seul vestige est le Pavillon de l’Ermitage.

Après l’acte d’achat définitif conclu le 28 janvier 1887, le préfet de Seine-et-Marne met au concours l’avant projet de construction de l’hospice Debrousse en avril 1888, portant sur 200 lits au moins. 33 architectes y participèrent et c’est en avril 1892 que l’hospice Debrousse ouvrit ses portes rue des Balkans dans le 20ème arrondissement de Paris.

Mais l’histoire de la famille ne s’arrête pas là. Le demi-frère de Marie-Catherine, Jean Debrousse, célibataire endurci, président de la société des Mines de Malfidano et maire de la Chapelle-Rablais, meurt à 55 ans, le 4 novembre 1899, au Château des Moyeux. Quelques mois avant son décès, sentant sa fin proche, Jean Debrousse rédigea un testament dans lequel on pouvait lire : « J’institue pour mon légataire universel l’Assistance Publique (…)» Désireux de poursuivre l’œuvre de sa sœur, ce sont quelques 13 millions de francs (environ 46 millions d’euros) qui ont été versés permettant ainsi de doubler la capacité d’accueil de l’Hospice Debrousse.sepulture

Sa mère Marie Félicie poursuivra l’œuvre de générosité de la famille, avec un nouvel hospice Debrousse à Lyon, un legs de 15000 francs à l’hôpital Trousseau de Paris et 15 000 autres pour augmenter la capacité d’accueil de l’hospice de Paris à 600 lits.

Il nous tenait à cœur que cette étonnante famille, qui aura légué au total quelques 113 millions d’euros à l’Assistance Publique, ne tombe pas dans l’oubli. C’est pourquoi nous avons contribué en 2013 à la remise en état de la sépulture Alquier-Debrousse au cimetière de La Flocellière.